Jésus envoie 72 disciples « deux par deux, dans toutes les villes et tous les villages où lui-même devait se rendre ».

Faisons un peu de mathématiques : 72 /2 = 36… la mission est universelle !

Or, après avoir donné une série de recommandations, on s’attend à ce que le texte nous relate cet envoi. Qu’ont fait les disciples ? Si nous le savions, nous pourrions copier… Or, le texte opère un surprenant raccourci : « Les disciples revinrent » !

Les 72 revinrent dans la joie, disant : « Seigneur, même les démons nous étaient soumis en ton nom »

Jésus envoie 72 disciples « deux par deux, dans toutes les villes et tous les villages où lui-même devait se rendre ».

Faisons un peu de mathématiques : 72 /2 = 36… la mission est universelle !

Or, après avoir donné une série de recommandations, on s’attend à ce que le texte nous relate cet envoi. Qu’ont fait les disciples ? Si nous le savions, nous pourrions copier… Or, le texte opère un surprenant raccourci : « Les disciples revinrent » !

Les 72 revinrent dans la joie, disant : « Seigneur, même les démons nous étaient soumis en ton nom »

L'envoi en mission dans la série 'Jésus Mafa"

On apprend plusieurs choses très intéressantes, dans cette petite phrase, pour qui veut nourrir une spiritualité missionnaire :

Les disciples reviennent « dans la joie ». Le monde n’épuise pas les missionnaires. Il les met parfois à mort mais c’est autre chose. On parlera alors du « don du martyre ». En attendant, le monde rend les missionnaires joyeux. Quand la mission nous épuise, c’est qu’il y a un problème de posture. Nous nous tenons sur nos propres forces au lieu de nous appuyer sur l’élan missionnaire qui vient du Christ !

A leur retour, les 72 ne racontent pas ce qu’ils ont fait mais ce qu’ils ont vu. L’activité missionnaire ne relève pas du « faire » mais du « voir ». C’est une question de contemplation !

De toutes façons, nous savons bien ce qu’ils on fait : ils ont imité leur maître Jésus. « Les sourds entendent, les aveugles voient, les lépreux sont purifiés, les boiteux marchent, les morts ressuscitent et la Bonne nouvelle est annoncée aux pauvres » a-t-il fait dire aux envoyés de Jean-Baptiste. Tel est son programme et il y a fort à parier que ses disciples ont fait de même.

J’aime à les imaginer de retour de mission, réunis autour de Jésus et se disant, tout émerveillés : « ça marche ! » Pierre qui déclare : « J’ai raconté une parabole. Je ne me souvenais plus des détails alors j’ai inventé un peu. Mais les gens ont compris. Formidable ! » Et Jean prend alors la parole pour dire : « Eh bien moi, j’ai guéri un lépreux. J’avais un peur de la contagion en le touchant mais je l’ai fait et ça a marché ! » Bref, ils seraient légitimement fondés à se raconter leurs « exploits ». Eh bien non ! Ils ne racontent pas ce qu’ils ont fait, mais ce qu’ils ont vu !

Le monde n'épuise pas les missionnaires.

Il les rend joyeux

A n’en pas douter, on peut penser qu’ils ont consciencieusement fait leur « métier » de « missionnaire ». Mais ce récit nous dit que c’est secondaire ! Ce qui importe, ce sont les signes des temps qu’ils ont contemplés et dont ils se font les témoins lorsqu’ils se retrouvent, en Église, autour du Ressuscité ! Belle pédagogie sur la manière de vivre l’eucharistie selon une logique, ou plus exactement une spiritualité, missionnaire !

Quelques siècles plus tard, un Concile réuni en Arles le dira ainsi : « Dieu nous aime tels que sa grâce nous fera ».

Et nous ? Prenons-nous l’habitude de regarder le monde tel que déjà transfiguré par la résurrection du Christ ?

Bertrand Evelin, omi
"Dieu nous aime tels que sa grâce nous fera !"
2è Concile d'Arles