7- Missionnaire Oblat de Marie Immaculée
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Demain, tu prononces tes vœux perpétuels et j’ai envie de te poser une question : au fond, déjà aujourd’hui, tu es missionnaire Oblat. Demain, tu vas prononcer des vœux perpétuels : Cela ne rajoute rien mais en même temps, cela change tout !

Tout à fait !

Qu’est-ce que cela va changer ?

Au niveau concret de l’engagement, le fait de dire chaque année depuis sept ans : « Bon ! Je m’engage pour un an ! », il y a toujours un peu cette dimension de provisoire inhérente à la formule ! Mais demain, avec l’engagement définitif, je sens que le rapport à la congrégation ne va plus être le même, quelque chose comme le partage de l’héritage spirituel de la congrégation ! Je peux dire qu’avec cet engagement, je ne m’appartiens plus, ce qui pouvait subsister avec l’engagement temporaire ! Maintenant, j’appartiens totalement à la congrégation ; tout ce que je suis lui appartient ; et dans le même mouvement, tout ce qu’est la congrégation, tout ce qu’elle a, c’est aussi mon héritage. Le fait de dire aujourd’hui : "je fais corps totalement avec la famille des Oblats de Marie Immaculée", c’est ça, le grand passage !

Le rite de transmission de la croix va renforcer ce sentiment là, avec la tradition maintenue dans la Province de France de recevoir la croix d’un prédécesseur. Pour moi, cela signifie que la mission que j’aurai à proclamer s’inscrit dans la continuité. Je m’agrège en quelque sorte à quelque chose qui était là avant ; et je dois, avec ce que je suis, continuer !

Sais-tu quelle croix tu vas recevoir ?

Non ! Mon souhait a été de recevoir la croix d’un des premiers Pères de la congrégation, mais c’est une entreprise difficile ! Par rapport à cela, je suis resté dans une perspective ouverte. Cette croix, quelle qu’elle soit, je la recevrai dans un acte de confiance, je l’accepterai avec tout ce qu’elle recèle d’histoire.

Tu disais que tu partages l’héritage spirituel de la congrégation. Pour quelqu’un qui ne connaît pas, comment définis-tu cet héritage ?

Je me tourne vers les premiers numéros des Constitutions et Règles avec la préface du Fondateur : l’amour pour l’Eglise, le choix préférentiel pour les pauvres et les petits. Dans notre engagement missionnaire, nous avons toujours les yeux orientés dans ce sens-là. On peut dire que depuis le commencement de la congrégation, tous ceux qui ont été engagés, l’ont été parce que cet appel les a mis en route, cette mission qui demande toujours d’aller au-delà de ce qu’on peut percevoir personnellement pour annoncer Jésus-Christ. C’est par rapport à cette définition du charisme oblat que je parle d’héritage spirituel de la congrégation. Tout ce qu’ont fait les premiers Oblats, toutes les missions qui se font partout : demain, quand je dirai que je suis Oblat de Marie Immaculée, c’est tout cet héritage que je porterai en moi.

Thierry, à la suite de ce parcours, aujourd’hui, es-tu Bamiléké, Créole ou Lyonnais ?

Tout cela à la fois ! C’est la question de la préférence du lieu de la mission, de la première obédience. Par rapport à cela, il y a ce que je vis présentement à Lyon, le fait de découvrir la pastorale sur ce diocèse. Par rapport à la dimension vraiment missionnaire, aller dans des missions difficiles, pour moi c’est la Guyane qui m’interpelle beaucoup. Et puis, en même temps, il y a le lieu d’où je viens, le pays Bamiléké, le Cameroun, et le désir d’y retourner pour m’investir dans la mission. Ce qui fait que, quand on me demande si je suis Bamileke, Créole ou Lyonnais, je suis tout cela à la fois !

Merci beaucoup, et bonne célébration demain !

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Bertrand Evelin