5- Un Camerounais en pays créole...
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Parle-nous de la Guyane, pas celle des dépliants touristiques, mais celle que tu portes aujourd’hui en toi !

Déjà à l’aéroport à Paris où nous faisions escale, une dame haïtienne m’a vu et a commencé à me parler en créole !!! J’étais tout confus. J’ai dit : « Non, je ne parle pas le créole ! » Elle m’a dit : « Ah bon ! Quand on voit ta tête, c’est pratiquement une tête de créole ! « Je me suis dit : « Cela me fait un bon point. Je pourrai arriver déjà plus facilement dans le paysage. »

Quand je suis arrivé sur place, je n’ai pas eu de mal à me fondre dans la masse. Rien ne me distinguait des personnes. Cela m’a permis de m’insérer très facilement.

Mais cela a quand même été une autre expérience de dépaysement car le paysage était complexe ! Au niveau des institutions, de la loi, cela se passait comme en France métropolitaine, mais au niveau du vécu quotidien, c’était une autre réalité. Ce qui fait que pour moi aussi, c’était un autre dépaysement ! Je l’ai accueilli dans la foi.

J’ai passé les deux années de stage sur la paroisse de Mirza, une paroisse assez spéciale, limitrophe avec le centre ville. De l’autre côté, c’est, je peux dire, le bidonville de Cayenne avec toutes les populations émigrées, les Haïtiens, les Africains, les Georgetowniens, les Brésiliens, des sans-papiers aussi ! Ce qui fait que c’était assez spécial, avec une impression de violence.

J’y ai passé deux ans, j’essayais de me rendre proche de ces populations. J’habitais au presbytère en paroisse avec un frère spiritain, et nous étions pratiquement comme les vicaires du Père Georges Laudin. J’avais la charge de quelques groupes de caté, du groupe des enfants de choeur. Nous avons essayé d’organiser comme une plate-forme pour les différents mouvements de jeunes. Ce n’était pas facile !

Ce que j’ai vécu aussi là-bas de manière spéciale, qui rejoint l’identité oblate, c’était le ministère de présence auprès des populations dans les quartiers de Mirza. J’allais régulièrement dans les différentes associations, je rencontrais les personnes dans le quartier pour manifester un peu cette présence de l’Eglise. Il y a eu aussi le fait d’être dans une équipe de foot ! Avec les jeunes, ça a été en quelque sorte un petit tremplin. Le fait de participer aux championnats mobilisait pas mal les jeunes. Etre avec eux donnait l’occasion de discuter.

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