Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Le pape François au Sri-Lanka

  1. Le long calvaire des Tamouls du Sri Lanka

Robert Anthonypillai Jayaseelan est à Orly depuis de nombreuses années déjà.

Il nous parle de la situation de son pays, le Sri Lanka, pour que nous soyons informés et parce que, au moins par la pensée et la prière, il convient que nous nous placions sur « les lignes de fracture qui crucifient l'humanité » (Pierre Claverie)

Cet article est paru dans la revue Omi-France n°72 du 15 juillet 2011.


portrait de Robert Anthonypillai Jayaleesan

Après avoir gagné la guerre, le régime sri-lankais est en train de perdre la paix, fort d’une victoire historique, quoique sanglante, contre la rébellion tamoule le L.T.T.E le L.T.T.E.

Le mouvement des Tigres de libération de l'Îlam Tamoul (en anglais : "Liberation Tigers of Tamil Eelam" abrégé par LTTE), souvent appelé simplement Tigres tamouls, est une organisation indépendantiste tamoule du Sri Lanka fondée en 1976 et dont le but affiché est de défendre les Tamouls du Sri Lanka. Son idéologue en chef a été Anton Balasingham de 1979 jusqu'au décès de ce dernier, le 14 décembre 2006. Le mouvement demande l’autodétermination et la création d'un État, l'Îlam tamoul, dans le nord-est de l'île.

L'organisation est placée sur la liste officielle des organisations terroristes du Canada, des États-Unis, de l'Union européenne, du Royaume-Uni, de l'Inde.

Le 17 mai 2009, après avoir été encerclés par l'armée srilankaise dans le Nord-Est du pays, les séparatistes tamouls annoncent qu'ils reconnaissent que la guerre civile du Sri Lanka est arrivée à son terme, et disent avoir décidé de cesser le combat, après vingt-sept ans d'un conflit qui a fait entre 70 000 et 100 000 morts. (source : Wikipédia).

convoi de réfugiés en 2009

Depuis mai 2009, des dizaines de milliers de civils tamouls ont été détenus pendant plus de 9 mois dans le camp de militaires. Le président sri-lankais aurait pu se montrer magnanime, tendre la main à la minorité tamoule et ouvrir la voie à la réconciliation nationale. Mais il a choisi un tout autre chemin : celui de la domination.

Un an après la fin de la guerre, quelque 150 000 réfugiés tamoul vivent toujours prisonniers derrière les barbelés, dans des camps surpeuplés et insalubres. Officiellement, il s’agit de faire le tri entre civils et combattants, ou de « protéger » ces réfugiés des mines posées par les « LTTE » autour de leurs villages.

Ces excuses sont fantaisistes. Le gouvernement cherche à contrôler cette population et à réduire au silence les réfugiés qui ont été témoins de l’horreur des dernières semaines du conflit. La victoire militaire du gouvernement sur les tigres tamoules n’a en effet, pas mis fin à ce conflit.

Le pays est toujours en état de siège. L’armée reste omniprésente et les libertés sont brimées par un régime militarisé et autocrate. En revanche, aucune action, ni même réflexion, n’est menée au niveau politique sur les cause profondes du conflit : discrimination, domination culturelle, militarisation des territoires. Ces dernières semaines un journaliste tamoul renommé a été condamné à vingt ans de prison, un militant des Droits de l’homme a reçu des menaces de mort. Une vidéo semblant montrer des soldats sri-lankais en train d’exécuter des hommes nus a convaincu l’O.N.U. de réclamer une enquête.


Réfugiés tamoul. © 2009/Meyer

Beaucoup de jeunes sont trouvés par les soldats du gouvernement dans les camps. Certains jeunes tamouls ont pu s'échapper. Chacun a du payer 1000 € aux soldats du gouvernement pour sortir du camp. Ils ont perdu les membres de leur famille et ils sont maintenant en France. Ici à Orly, je rencontre ces rescapés et je les accompagne dans leurs démarches pour demander l'asile politique.

Le gouvernement sri-lankais est en position force. Il s’est lié d’amitié avec les régimes les moins recommandables de la planète et n’a eu à faire face qu’à des mesures de rétorsion mineures de la part des puissances occidentales. Le LTTE, et c’est heureux, est anéanti. Mais sous les tentes de camps de réfugiés, grandissent déjà les Tigres de demain à mesure que monte un profond sentiment de révolte !

Robert Anthonypillai Jayaleesan

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