Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Vincent L'Hénoret (1921-1961)

Les événements de l'Ascension 1961

Vincent devant une petite église en bambou et toit de paille
Devant l'église de Ban-Ban en 1958
un groupe de chrétiens devant la tombe avec une petite croix en bois
Devant sa tombe quelques temps après

Le mercredi 10 mai 1961, Vincent L´Hénoret obtint un laissez-passer pour aller célébrer la fête de l´Ascension à Ban Na Thoum (.....), un village distant de 7 kilomètres ; à cette époque, le jeudi de l´Ascension était une fête d´obligation pour le Laos comme pour le Viêtnam. Il comptait revenir le lendemain à Ban Ban pour la messe de la fête.

Le jeudi matin 11 mai, on le vit partir de Na Thoum à bicyclette à 7 heures, comme il l´avait annoncé à ses paroissiens. Peu après, entre Ban Na Thoum et Ban Faï, il fut arrêté par trois hommes portant l´uniforme de la guérilla. Une paysanne qui travaillait dans son champ fut témoin de la première partie de la scène : le Père sortit un papier, le laissez-passer sans aucun doute. Cela sembla satisfaire les militaires, car le Père enfourcha de nouveau son vélo et reprit sa route.

La paysanne ne vit pas la suite, mais elle entendit peu après des coups de feu ; elle n´y prêta guère attention, car c´était devenu banal. Toutefois, en rentrant au village elle découvrit le vélo, puis aperçut un corps à peine dissimulé dans une tranchée. Prise de peur, elle n´osa rien dire, ni rien faire sur le moment.

Le lendemain, un petit groupe de villageois se rendit sur les lieux. À environ 1500 mètres du village, ils virent une large flaque de sang au milieu du chemin et découvrirent le corps du Père, qui avait été transporté dans un fossé plus loin dans la forêt. Apeurés, ils le recouvrirent seulement d´un peu de terre et de branchages. Le samedi, ils allèrent chercher le P. Khamphanh, et avec lui procédèrent à une sépulture digne mais rapide, sans traîner car tous restaient conscients du danger. Une croix fut placée sur la tombe.

Jamais aucune explication ne fut donnée pour cet assassinat. Les autorités militaires en place dans la région choisirent de le nier purement et simplement ; même leurs alliés neutralistes n´eurent pas le courage de reconnaître les faits, bien loin d´oser les imputer à leurs auteurs.

Selon un témoin, qui vécut encore à Na Thoum quelques années, les nouveaux maîtres démolirent leur église et interdirent aux chrétiens toute réunion. Les jeunes générations n´ont plus pu être catéchisées ; elles ne connaissent que l´école et la propagande, et ne savent plus ce qu´est la religion chrétienne.

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