Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Vincent L'Hénoret (1921-1961)

Missionnaire au Laos

Vincent et un confrère assis sous un hangar en bambou
En 1959 dans son "université"
Vincent devant son église au Laos en 1956
En 1956

Le temps de son premier séjour laotien se passe dans le secteur de Paksane au bord du Mékong : d´abord à Kengsadok, la plus ancienne chrétienté du nord Laos ; là il doit apprendre la langue, les coutumes et la pratique de l´action missionnaire. Il est envoyé ensuite en poste de responsabilité à Nong Bua (Nong Veng), puis à Paksane même. À Nong Bua, il trouvait une communauté forte de 400 chrétiens. Il écrit alors aux confrères encore aux études en France :

"Je suis dans une mission difficile, pas encore la plus difficile, mais cela viendra ; les montagnes ne sont pas loin et, quand j´aurai un peu d´expérience, j´espère m´y installer, ou monter au Nord dans le vrai bled ; ici aussi, on a le bled dans toute sa beauté sauvage, parmi des gens très sympathiques. Je suis encore mieux tombé que je ne l´avais espéré."

Pasteur attentif, assez sévère, il sait se faire aimer de ces chrétiens qu´on disait « vieux » car ils en étaient déjà à la troisième génération. Deux témoins, qui à l´époque étaient des enfants, se souviennent de lui :

Il savait construire : il a préparé l´église et changé beaucoup de chose, il faisait les travaux manuels. C´était un homme de foi, généreux... Il lisait, il priait beaucoup ; il se rendait d´ici à Paksane à cheval en lisant son bréviaire, en priant...

En 1956, Vincent prend son unique congé : quelques mois en France. En novembre, il est de retour et retrouve pour un an le même champ d´apostolat. Quittant la vallée du Mékong, il s´en va ensuite définitivement vers les montagnes du nord, ce « bled » auquel il avait rêvé : en novembre 1957, il est intégré à l´équipe missionnaire de Xieng Khouang. Son poste sera Ban Ban.

À l´extrémité orientale de la Plaine des Jarres, sur la route qui descend vers Vinh au Viêt Nam, Ban Ban, appelé aujourd´hui Muang Kham, est une petite agglomération qui ne compte alors qu´une poignée de chrétiens. Dans les alentours, toutefois, plusieurs villages de réfugiés Thaï Deng provenant de la province de Sam Neua s´étaient installés depuis 1952-1953.

Le travail pastoral et missionnaire n´y était pas facile : ces personnes avaient souffert des aléas de la guerre endémique, qui ne les avaient guère épargnées depuis des années ; il leur fallait comme une nouvelle conversion. Il y avait beaucoup à faire, en particulier, pour remettre d´aplomb les familles disloquées. Pour Vincent, cette nomination était un véritable défi. Il se mit courageusement, même passionnément, à l´oeuvre, devenu « serviteur des pauvres », selon le mot du Père Jean Subra.

Dans les derniers mois de l´année 1960, le régime dissident installé à Sam Neua étendit son emprise sur toute cette région. Le système se mit en place avec son rythme de réunions d´endoctrinement et ses entraves à la libre circulation des personnes. Pour aller dans les villages qu´il desservait, Vincent devait à chaque fois se munir du laissez-passer prescrit par les autorités ; on le lui délivrait d´ailleurs sans trop de peine. Il avait fait savoir à ses supérieurs qu´après les craintes du début, une sorte de `modus vivendi´ s´était établi entre les nouvelles autorités et les missionnaires, et que cela marchait plutôt bien.

Le Père Jean-Marie Ollivier était membre de l´équipe ; mais quand Ban Ban fut occupé il fut empêché de rejoindre son poste. À partir du début de 1959, ils avaient le soutien, pour la pastorale des Kmhmu´, du jeune Père Jean-Baptiste Khamphanh, prêtre diocésain laotien nouvellement ordonné.

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