Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Michel Coquelet (1931-1961)

  1. Suivre le Christ jusqu'au bout

4 missionnaires en soutane, assis et souriant, au milieu de Laotiens
Mgr Loosdregt, Michel Coquelet, Louis Leroy et Jean Wauthier à Nam Lieng en 1960
Un Oblat en 'civil' avec une famille laotienne devant une maison traditionnelle en bambou
un Oblat dans la montagne laotienne

Le dimanche 16 avril 1961, Michel célèbre le 2e dimanche après Pâques avec sa communauté chrétienne. Le lundi 17, il part en tournée : on l´appelait pour soigner un blessé a Ban Nam Pan. Le jeudi 20 avril, il rentre chez lui, à vélo. Il ignore encore tout de ce qui est arrivé le 18 à son confrère et ami Louis Leroy, dans un autre secteur de la même région.

Non loin de Xieng Khong Michel est arrêté par la guérilla. Les soldats lui disent : « Votre supérieur vous demande de retourner à Xieng Khouang. » Il répond : « Ce n´est pas vrai : mon supérieur me l´aurait dit autrement, il y a assez de personnes qui vont à Xieng Khouang et en reviennent. » Ce petit dialogue est relaté par un témoin. Abandonnant le vélo, les soldats l´emmenèrent sur l´ancienne route française en direction de Ban Sop Xieng. C´est là, en dehors de la route, que le Père Coquelet fut tué. Il n´avait pas encore 30 ans. Son corps repose en terre laotienne, dans une tombe anonyme.

En même temps, la maison chapelle de Sam Tom était pillée et détruite par un autre détachement. Ce fut ensuite celle de Phôn Pheng ; le chef de ce village chrétien et son secrétaire furent battus, enchaînés, emmenés à travers le village, puis tués, comme le Père, au bord de la route.

Mgr Alessandro Staccioli, o.m.i., vicaire apostolique émérite, témoigne de l´esprit qui animait ces Oblats « martyrs », morts au début des années 1960, dont Michel faisait partie :

Ils ne pensaient peut-être pas tous explicitement au martyre, mais ils ne l´excluaient pas : ils savaient qu´en restant au Laos, étant donné la situation et la haine de la guérilla contre l´Église, ils risquaient d´être tués. Conscients de cette éventualité, jamais, au grand jamais ils n´ont dit qu´ils accepteraient d´abandonner de leur plein gré la mission.

Chacun d´entre eux laissait voir clairement que, pour l´Évangile dans ce pays, il se donnait tout entier, qu´il partageait pleinement les souffrances et la misère des gens. L´Église naît de la Croix et du sacrifice. Cela vaut aussi pour l´Église en pays de mission.

Quand la nouvelle de la disparition du Père Coquelet parvint à Paksane, un des Oblats écrivit dans le journal de la communauté :

Le tragique, lorsque le combat se livre contre de tels ennemis, c´est qu´ils s´arrangent pour étouffer même ce témoignage-là, pour le dénaturer en un crime politique : voilà bien la pire perversion, la signature du démon... Prière, abandon à la Providence, le Royaume de Dieu se sème dans les larmes et par le sacrifice.

Quelques années plus tard, en lisant le journal (« Codex historicus ») de la station missionnaire de Sam Tôm, tenu en 1958-1959 par Michel, son confrère Jean Subra écrit :

C´est avec émotion, une émotion profonde, que j´ai compris dans ce texte... la dureté de l´apostolat à Sam Tom, que Michel Coquelet a éprouvée durant de longs mois, moins de deux ans avant le sacrifice de sa vie, généreusement accepté pour « rester en place » auprès des Kmhmu´ qui lui avaient été confiés. Si un jour on veut montrer comment un missionnaire Oblat a été apôtre comme le Seigneur l´a demandé, qu´on lise ce Codex historicus... Je suis en admiration, émerveillé, de l´esprit de service de Michel auprès de ces Kmhmu´.

Ces Kmhmu´ avaient été baptisés trop vite (me semble-t-il). C´est Michel qui a supporté les lourdes retombées, de ces baptisés qui n´avaient peut-être pas fait un acte réel de Foi. Michel était lucide sur la faiblesse de ces gens-là. Il a quand même tenu le coup. Il était un homme d´humour, un humour merveilleux ; et il les a aimés... Le Bon Pasteur. Michel n´a pas fui... Il est tombé, il a été tué à son poste... Saura-t-on jamais exactement le genre de mort qui lui a été infligé ? Mais sûrement, il a accepté cela pour les Kmhmu´ de Sam Tôm, que j´avais commencé à visiter environ dix ans [auparavant] (1951), depuis le village de Ban Nam Mon. Que Michel Coquelet m´aide maintenant à rester fidèle à Jésus Christ, pour tout ce qu´Il me demandera encore dans le service d´évangélisation du monde.

De l´église pillée et détruite de Michel Coquelet on a retrouvé, bien plus tard, un petit ciboire, aujourd´hui conservé à Paksane. C´est en prière devant ce ciboire, qui contenait le sacrement du Corps de Jésus Christ, que Michel avait puisé la force de suivre son Maître jusqu´au bout, jusqu´au don suprême de sa vie pour le Laos.

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