Missionnaires Oblats de Marie Immaculée - Province de France

Michel Coquelet (1931-1961)

  1. Missionnaire au Laos

un bâtiment d'architecture laotienne traditionnelle au milieu des palmiers, vu d'avion
Paksane: le palais royal
Michel Coquelet, en tenue de brousse, avec son cheval
la photo qui fit la Une de 'Pôle et Tropiques'

Autour de Pâques 1957, le voici à pied d´oeuvre. Ses quatre années de vie missionnaire au Laos ont laissé peu de traces dans l´histoire. Lui que ses formateurs avaient jugé intellectuellement trop faible pour être apte à l´enseignement, il fut nommé d´abord membre du corps professoral au petit séminaire de Paksane (1957-1958).

Il devait avoir un don spécial pour communiquer avec les enfants, car Mgr Louis-Marie Ling, évêque de Paksé, se félicite aujourd´hui d´avoir eu à treize ans un si bon professeur de français pour la classe de sixième ! En même temps, Michel s´initiait à la langue lao.

Ce fut ensuite l´obédience pour la mission de Xieng Khouang. Une photographie qui fit la couverture de la revue Pôle et Tropiques le montre partant pour son village de Sam Tom, pieds nus, chapeau de brousse, un large sourire, tirant derrière lui son cheval de bât. Pauvre village que celui auquel il fut affecté, village de néophytes kmhmu´ dont l´instruction n´avait pu être menée régulièrement. Les réflexions de Michel à ce sujet, notées dans le journal de la mission, donnent la mesure de ses souffrances de missionnaire, mais aussi de son grand esprit de foi, teinté d´un humour qui était un des traits attachants de son caractère. Il est là, tout simplement ; il se fait tout à tous...

Un témoin de cette époque, qui alors était un jeune enfant dans un village kmhmu´ desservi par le Père Coquelet, brosse son portrait :

Il nous enseignait le catéchisme... ensuite il nous donnait des bonbons. On l´aidait pour son jardin ou pour porter l´eau. Il habitait dans l´église : en fait, il n´y avait qu´un bâtiment divisé en deux, d´un côté l´église, de l´autre le logement du Père... Je me rappelle qu´il faisait le tour du village en priant, avec son livre. Il avait une soutane noire et une grande croix. En le voyant, les gens étaient rassurés : il avait chassé les mauvais esprits... Il était calme, pas exigeant, il ne criait pas comme d´autres Pères. Il prêtait facilement son cheval...

Le Père Joseph Pillain, o.m.i., qui fut missionnaire au Laos durant plus de douze ans, donne un témoignage plus général concernant Michel et quelques autres missionnaires :

Ils ont été, tous, d´admirables missionnaires, prêts à tous les sacrifices, vivant très pauvrement, avec un dévouement sans limite. En cette période troublée, nous avions tous, chacun plus ou moins, le désir du martyre, de donner toute notre vie pour le Christ. Nous n´avions pas peur d´exposer nos vies et de nous aventurer dans les zones dites dangereuses... L´équipe missionnaire du Laos était profondément unie entre elle, et bien soudée autour de son évêque. Nous avions tous le souci d´aller vers les plus pauvres, de visiter les villages, de soigner les malades, et surtout d´annoncer l´Évangile...

En 1961 le Père Michel Coquelet résidait à Phôn Pheng, village chrétien déplacé, proche de Tha Vieng dans la Province de Xieng Khouang, et qui portait aussi le nom de Ban Houay Nhèng. Il s´occupait d´un assez vaste secteur : canton de Nam Say, puis de Xieng Khong, et la région de Tha Vieng, sur la route entre Xieng Khouang et Paksane, au pied de l´imposant massif du Phou Xao. Selon un témoignage, les Pères avaient été dénoncés comme espions par des habitants de villages non chrétiens, jaloux des progrès réalisés sous l´influence de la mission. Comme les autres missionnaires de la région, le Père Coquelet portait alors la barbe pour être identifié comme missionnaire et non pas comme un Américain.

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