Sur les pas de François Bousso (1881-1944)

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5 juin 2010
Paroisse Sainte Barbe du Laizon

journée commémorative autour de la figure de
François Bousso
curé de cette paroisse durant la seconde guerre mondiale, résistant tué avec ses compagnons dans les geôles de la Gestapo de Caen le 6 juin 1944...

Cette journée s'inscrit dans le cadre de l'année sacerdotale

François Bousso naquit en 1881 entre Redon et Ploermel, dans la paroisse de Saint-Congard. Il rentra chez les Oblats après être passé par le grand séminaire de Vannes. L'époque était aux expulsions et durant l'année 1903-1904, il termina au Bestin, en Belgique, un noviciat commencé à Angers : profession perpétuelle, scolasticat de Liège... Il fut ordonné prêtre en mars 1905 et embarqua, le mois suivant, pour les missions du Mackenzie, en compagnie de Mgr Breynat.

Missionnaire dans le Grand Nord Canadien

Il fut alors envoyé à Résolution, au sud-est du Grand Lac des Esclaves, où il apprit le Montagnais, une langue amérindienne. Trois ans plus tard, il rejoignit la mission Ste Anne, à l'embouchure de la Rivière-au-Foin. Un an plus tard, il gagnait la mission de Fort Raë. Son travail dans la région, avec son confrère le P. Duport, leur vaudront de laisser leur nom à deux petites rivières qui déversent leurs eaux dans le bras septentrional du Grand Lac de Esclaves.

A l'été 1915, il revint à Rivière-au-Foin jusqu'en 1923. Pour raisons de santé, son évêque, Mgr Breynat, lui demanda de rentrer en France.

En Normandie

A la demande de Mgr Breynat, il fut engagé comme vicaire dans le diocèse de Bayeux : vicaire à Cabourg et Sermentat, puis curé à Hottin les Bagnes et enfin à Ouilly le Tesson.

Nous reproduisons la fiche établie par M. Jacques Vico, disponible sur le site "Mémoire et Espoirs de la Résistance. Association des Amis de la Fondation de la résistance.

Dès le début de la guerre l'Abbé BOUSSO exprime sa générosité et sa solidarité en accueillant des réfugiés du Havre au presbytère. Dès l’arrivée des troupes allemandes en Juin 1940 :

  • Il refuse la défaite militaire.
  • Il refuse la présence de l'ennemi sur le territoire de la patrie.
  • Il prend très vite des premiers contacts avec les premières structures de Résistance qui se mettent en place dans la région.
  • Il met une inscription à l'entrée du presbytère : " Qui que tu sois, si tu es dans le besoin, cette maison est ta maison ".
  • Esprit de partage.
  • A un autre moment l'école publique est occupée il met une partie du presbytère à la disposition de l'institutrice.
  • Homme d'ouverture, de tolérance et de justice.
  • Missionnaire en Alaska, il lutte contre les négociants de fourrures , sans scrupule et sans conscience qui exploitent les esquimaux.
  • Homme de justice et du respect des autres.
  • Prêtre il respecte les non-croyants et dialogue avec eux. C'est le symbole même de la Résistance qui rassemble des hommes de toute conviction religieuse et de toute opinion politique.
  • Homme de foi il refuse le régime moralisateur et pervers du Gouvernement de Vichy.
  • Il rejette l’ordre nouveau nazi fondé sur la haine et le fascisme.
  • Il participe à l'accueil et au refuge des réfractaires au S.T.O. et de jeunes Résistants. - Il organise Faction et suscite une aide efficace des fermiers d'Ouilly-le-Tesson, de Saint-Sylvain, de Sassy, etc.
  • Il maintient des contacts permanents avec ces jeunes réfractaires et constituent des groupes de Résistance.

Une trahison provoquera son arrestation. Il est fusillé, avec ses compagnons d'Ouilly-le-Tesson - de Saint-Sylvain le 6 Juin 1944 à la Prison de Caen.

Cet homme incarne l'Esprit et les Valeurs de la Résistance, générosité, solidarité, refus de la présence de l'ennemi, refus de la collaboration, refus de Vichy et du nazisme. Il s'engage dans le combat pour la liberté, la démocratie et les valeurs spirituelles.

D'autres membres du Groupe d'Ouilly-le-Tesson révèlent cet Esprit et ces Valeurs.

"J'ai entendu d'un scolastique qui le tenait directement du Père Tassel, que le Père François Bousso avait pris beaucoup de risques en dissimulant dans son harmonium des messages destinés à la résistance."

(Jean Guéguen)

"Membres du réseau Cahors-Asturie, deux jeunes sont porteurs d'un poste-radio émetteur que le Père Bousso va aider à installer dans le clocher de l'église, située à deux pas du café. L'endroit convient parfaitement pour transmettre à Londres des renseignements sur les unités et défenses allemandes installées dans la région"

extrait du livre de Gérard Fournier
"Si près de la liberté..."