7- Il est Dieu, il est Sauveur,
mais je le vois comme un ami
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Le 2 janvier dernier, tu as prononcé tes voeux perpétuels chez les Oblats de Marie Immaculée... Aurélien, pourquoi es-tu Oblat ?

D'abord, pourquoi j'ai fait mes premiers voeux ? Il y a un cheminement que j'ai fait avec le Seigneur. Il y a aussi mes frères dans la communauté qui ont dit dans les évaluations que je pouvais faire un pas. C'est-à-dire qu'ils ont attesté ce que j'ai voulu faire. Sinon, j'aurais quitté ! Le fait que je fasse une demande atteste mon désir, et en acceptant, ils attestent ce désir. Cela vient des deux côtés. Ensuite, durant les six années, il y a eu maturation et aujourd'hui, dans la foi, je me sens prêt pour dire "oui" dans cette fidélité avec le Seigneur. Et pourquoi le dire solennellement ? C'est d'abord une reconnaissance pour ma famille religieuse qui m'a accompagné et qui me confirme que je peux faire cet engagement devant l'Eglise. Ce désir au secret de mon coeur a grandi et devient désir de l'Eglise. L'Eglise reçoit et porte avec moi ce que j'ai porté dans mon coeur.

Tu m'as dit qu'au noviciat, tu avais fait une expérience du Christ. Cette expérience s'est déployée en toi.Aujourd'hui, qui est le Christ pour toi ?

Pour moi, il est un ami, un ami, mais plus qu'un ami car il a donné sa vie. Car j'ai quand même rencontré dans ma vie des personnes qui m'ont vraiment témoigné de leur amitié. Pour moi, c'était fort. Et il y a des gens aussi qui m'ont dit : "Aurélien, j'apprécie ton amitié". Moi qui me vois comme une plume de rien du tout, que j'arrive à poser un acte pour qu'un autre me dise : "Aurélien, tu m'as témoigné de ton amitié »...! Or, pour moi, le Christ, c'est encore plus ! Il l'a dit dans l'évangile de St Jean « Vous êtes mes amis ». Avec un ami, tu peux lui dire tout, et un ami te connaît plus encore ; Pour moi, il est Dieu, il est Sauveur, mais je le vois comme un ami, celui qui chemine avec nous. C'est pour cela que je n'ai pas peur. Un ami, tu n'as pas peur de le suivre, même quand cela ne va pas bien. Et s'il y a un moment de doute, tu peux t'arrêter, dialoguer, faire demi-tour : un ami ne te laissera pas ! Comme il est celui qui nous dit « Désormais je vous appelle mes amis », dans mes moments d'obscurité, il viendra me chercher et son amitié ne me fera pas défaut. Pour moi, c'est ça.

Quel serait ton plus grand rêve comme Oblat ?

Aimer le Christ et le faire aimer ! Oui, que je puisse l'aimer vraiment et que par le fait que je puisse l'aimer dans ma petite nature, les gens puissent l'aimer eux aussi. Il est vivant, mais il faut que quelqu'un en témoigne. Il faut que quelqu'un puisse l'aimer. Toutes les missions que j'aurai, avec mes capacités et mes limites, que je puisse l'aimer et que du coup, les autres aussi puissent l'aimer.

Tu l'aimes vraiment !

Oh! Oui! Il y a un chant qui dit : « N'aie pas peur, laisse-toi regarder par le Christ car il t'aime ». C'est fort. Quand je relis ma vie, je perçois que cette amitié-là est là. Quand j'ai parlé de mon étape à l'internat protestant, j'ai eu des amis, des collégiens évangélistes qui jeûnaient et prier sur les malades. Une fois, j'étais malade et ils sont venus prier sur moi. Mais ce que je n'ai pas accepté, c'est qu'ils priaient en langue. Je ne porte pas de jugement, mais je n'ai pas trouvé sérieux car maintenant, tout le monde veut parler en langue. Et je leur ai dit : Vous n'avez pas besoin de lui dire pour qu'il s'occupe de moi ! Je vais prendre mes médicaments et me reposer.

Donc, le Christ est ton ami. Qu'est-ce que les autres ont à voir avec ça ?

Comme dit Bernadette, ma mission n'est pas de vous le faire croire mais de vous le dire ! Les autres ? Peut-être qu'il y a des circonstances diverses pour lesquelles ils ne découvrent pas qu'Il est ami. C'est pour ça que je dis que je voudrais d'abord L'aimer, et puis Le faire aimer. S'ils voient que ma vie quotidienne traduit ce don à cet ami, ce sera une porte d'entrée. Mais je n'ai pas à les obliger. On n'oblige personne à choisir un ami. Mais j'ai le devoir de témoigner de mon amitié, ça, oui !

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