

Tu as donc pris contact avec un Oblat ?
Oui, j'ai écrit à François Carpentier. Il m'a envoyé « Audacieux pour l'Evangile » ainsi que des anciens numéros de « Pôle et Tropiques ». Cela m'a permis de voir les Oblats dans le monde entier. J'étais alors en seconde.
François Carpentier m'a demandé si j'étais prêt, si on me le demandait un jour, de partir au Bangladesh. C'est ce jour que j'ai cherché où cela se trouve...! Cela a mis en moi le désir de connaître les autres. Car avant, la géographie et moi... Là, je me suis mis à voir d'autres pays.
Puis François Carpentier m'a parlé d'un Oblat tchadien, de l'ethnie ngambay lui-aussi, Thomas Mbaye. Et en 2000, durant les vacances, j'ai été invité au Cameroun pour voir les Oblats.
Premier contact ?
Oui, j'ai passé cinq jours avec des Oblats. Mais j'étais alors dans un séminaire diocésain. On m'a conseillé de rencontrer mon évêque. Je lui ai parlé des Oblats et mon souhait de faire une expérience avec eux. Il m'a encouragé en me disant : « C'est le pauvre qui donne. Le Tchad n'a pas assez de vocations, mais c'est le pauvre qui donne. Si tu as une vocation religieuse, c'est bien. Sache que tu y vas au nom de l'Eglise, et que le diocèse de Moundou t'encourage. » Et il m'a donné sa bénédiction.
Comment ta famille a-t-elle réagi quand elle a commencé à entrevoir que peut-être qu'un jour, Aurélien partirait comme missionnaire au Bangladesh ?
Euh, pour les ménager, je ne leur en avais pas encore parlé ! C'est pour ma mère que cela a été le plus difficile. Pour elle, si j'allais au séminaire, c'était plus pour suivre des études que pour devenir prêtre. Elle n'était donc pas tout à fait d'accord. Mais j'ai discuté avec elle. Je lui ai dit : « Maman, le jour où tu as trouvé ton mari et que tu l'as aimé et que tu en as parlé à tes parents, est-ce qu'ils t'ont dit non ? Tu as fait comme te disais ton coeur. Est-ce que tu peux me laisser choisir ce que me dit mon coeur ? » Elle m'a dit : « Oui, mais on connaît bien les missionnaires, après vous partez et vous laissez tout ». Je lui ai dit : « Je ne peux pas savoir ce qui viendra après. Mais pour l'instant, je sais que je tends vers cette vie-là. »
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