Carnet de voyage

Le 18 juillet, tout essoufflé, j’arrivais à l’aéroport, à 5 min de la clôture de l’enregistrement des bagages. Le premier mot de l’hôtesse, qui avait un charmant sourire, fut de me dire : alors on est en retard et on le sait ? Je lui répondis par un sourie complice, car ma joie était grande de repartir en Guyane et rien ne pouvait effacer ce sourire. Dans le hall d’attente, j’ai eu la joie de retrouver un ami et de le reconnaître grâce à son teeshirt du haut Koenigsbourg. Fils d’une belle alsacienne et d’un beau martiniquais ; tel était l’ami que je retrouvais à l’embarquement. Ma première réaction a été de me dire : l’Alsace m’accompagne.

Mon premier constat de retour en Guyane a été de constater un nombre toujours important de clochards, sans abris, parfois à demi-nus, se promenant dans les rues de Cayenne. Ce renvoi de la pauvreté vécue ailleurs, m’a reposé la question de nos solidarités, et comme prêtre, comment je voulais vivre la solidarité ; car la pauvreté et la souffrance humaine dans le froid ou sous le soleil, restent détresses et restent inadmissibles.

Le lendemain de mon arrivée, j’ai rejoins le village de Javouhey, où j’avais vécu pendant deux ans, j’ai eu la joie de retrouver des enfants que j’avais quitté à 12 ans, aujourd’hui âgés de 16 et 17 ans, quant aux 18 19 ans, ils étaient mariés et avec des enfants. J’ai pris le temps, pendant mon séjours, de discuter avec les jeunes hmong surinamiens pour qui l’avenir se pose en gros points d’interrogation. En effet, l’alcool et la drogue commencent à bien s’implanter auprès de cette jeune population, qui il y a encore quelques années, en étaient protégés.

Pendant ce séjours j’ai été rejoins par les scouts de l’Esplanade pour leur camp compagnon, qui avec leurs diversités religieuses et leurs sourires, ont donné un magnifique témoignage de foi, d’entraide, d’écoute et surtout d’amour… J’allais oublier, ils ont aussi su faire un témoignage culinaire de nos bonnes recettes alsaciennes, car manger la tarte flambée sous la chaleur équatoriale, c’est comme manger un petit salé et une Mique corrézienne après une première messe en Juin. Les scouts et moi même sommes revenus enchantés de ce voyage. Pour certains c’était la découverte, pour d’autre une redécouverte de ce fabuleux pays qu’est la Guyane.

 Je voudrais vous inciter à découvrir ce pays un jour, tout en vous invitant aussi, à prier pour ces jeunes Guyanais qui se recherchent.

Frère Peyrat Olivier
Missionnaire Oblat de M.I

 

Ps : site des scouts camps Guyane
http://guyane-2008.skyrock.com/