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Fontenay sous Bois, le 24 janvier 2008
En général, dans nos églises, les homélies sont rasoir. J’ai pourtant trouvé à Paris une église où, quand c’est le curé lui-même qui prêche, on en a pour son argent. Pourquoi ? Parce qu’il vit ce dont il parle. Il nous regarde dans les yeux et, sans déclamer, sans mots abstraits, sur le ton de la conversation, il dit « je » et il dit « nous ». On entendrait une mouche voler.
Quand un prédicateur lit devant nous un texte, si beau soit-il ; quand il se contente de répéter en d’autres mots ce qui vient d’être lu ; quand il fait un beau cours d’exégèse ou de théologie ; et quand, en plus, c’est trop long… tout le monde s’ennuie. On attend patiemment (ou impatiemment) que ce soit fini. Souvent, on s’endort.
Dire « je » ou dire « nous », ce n’est pas dire n’importe quoi qui nous passe par la tête. Une longue et sérieuse préparation est nécessaire. Mais il ne suffit pas de chiader le contenu. La manière de communiquer ce contenu est tout aussi importante. Sinon, on a travaillé en vain, puisque ça ne passe pas.
Depuis les origines, la Bonne Nouvelle s’est transmise sous forme de témoignage. C’est pour cette raison que le quatre-pages trimestriel « Audacieux pour l’Evangile » ne contient pratiquement que des témoignages, signés par des Oblats (par les Oblats qui veulent bien envoyer un texte : merci à eux).
Pas des infos : des témoignages. Tout le monde sait que les informations religieuses ou missionnaires constituent un genre littéraire. Les témoignages, eux, constituent un autre genre littéraire.
Les informations religieuses, les gens s’en foutent pas mal. C’est pour cela que même des revues bien faites comme « La Vie » ou « Le Pèlerin » ont des difficultés. C’est pour cela que « Pôle et Tropiques » a dû cesser de paraître, faute d’un nombre suffisant de lecteurs. Seuls des témoignages peuvent (peut-être) faire tilt. Quel que soit le media utilisé : le papier, le web ou l’homélie.
Après chaque numéro, des lecteurs m’écrivent qu’ils ont été bouleversés par tel ou tel témoignage. Je ne dispose pourtant que d’un support papier. Que dire alors de l’impact que pourraient avoir des témoignages publiés intelligemment sur le web ? Avec un forum ? Les Oblats de France ne devraient-ils pas se payer les services d’un webmaster ?
Sommes-nous audacieux pour l’Evangile ?
Frère André Grimonpont, o.m.i.
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